• Une Vie

    Pere geoffroy un gentilhomme venait de pousser son n-ième dernier soupir! il n’arrivait pas à s’arracher au monde dont il avait tant aimé les plaisirs, aussi fugaces eussent ils été. Lui qui avait vécu comme si demain lui appartenait, comme si le monde tournait autour de lui voyait les affres du ciel jaillir en lui tel un moribond endimanché. Il savait dès lors que son destin était scellé et qu’il devait à jamais lâcher prise mais il n’était pas prêt. A son chevet se trouvait sa jeune fille Ludia âgée de 18 ans à peine , sa dernière femme Lucinda à peine plus jeune que sa dernière fille et son frère cadet Benjamin dont il lisait la fougue et l’appétit de s’accaparer de sa Lucinda à peine il aurait fermé les yeux.

    Pere Geoffroy était un homme d’une cinquantaine d’année qui avait commencé comme mineur et avait fini dans les plus hautes sphères de la société aristocratique par un heureux hasard. Héritier d’une tante lointaine, il c’était un jour retrouvé à la tête d’une fortune donc il n’imaginait lui même l’étendu. Lui que la vie avait maltraité ses quarante premières années, estimait qu’il était plus que temps de prendre une revanche sur la vie. Après avoir hérité, il c’était dès lors évertué à apprendre les bonnes manières et à s’attirer les bonnes grâces de toutes la gente féminine en vogue, oubliant au passage son effroyable et hideuse femme Lucie.

    Geoffroy Coulanges était marié à Lucie, une femme donc même  un épouvantail aurait refusé les bonnes grâces. Elle était niaise, avare, brute et sans éducation. Etant le plus pauvre de la contrée, il dut se résoudre à la choisir puisqu’il n’y avait qu’elle qui correspondait à ses moyens. Elle lui rappelait donc tout ce qu’il avait toujours été, un rat d’égout au milieu des immondices. Il avait traîné avec lui son immondice Lucie, celle ci lui avait donné trois magnifiques enfants.Paul,Geoffroy et Ludya de Fraye Coulanges. La seule chose qu’il appréciait de sa femme était le nom d’aristocrate donc elle portait puisqu’elle descendait d’une famille autrefois noble mais sans aucune richesse matérielle et, lui descendait d’une famille insignifiante de forgerons.

    Une fois devenu riche, il se débarrassa de la pauvre Lucy qu’il répudia comme une gouvernante qui avait perdu les bonnes grâces de son maître. Il quitta ce village lugubre et consanguin de Touffreville , pour s’installer à Paris au cœur même de la haute sphère des affaires du monde. Ses enfants le suivirent abandonnant ainsi leur mère qui avait toujours été une femme de ménage, une bonne à tout faire. Pendant des années il vécu comme un pacha dépensant sans compter, jouissant des plaisirs les plus démesurés qui pouvaient être à sa portée. Il avait accès à un monde dont il ignorait l’existence. Un soir alors qu’il assiste à une soirée mondaine avec du beau monde, il rencontre Lucinda, d’une beauté foudroyante à la fleur de l’age, il tombe sous le charme et en perd complètement la tête. Deux jours après leur rencontre il lui offrait déjà un salon particulier au cœur même de Paris, une maison de compagne à Criquetot sur mer deux semaines plus tard,  sans compter  les innombrables cadeaux pour lesquels elle dût recruter une femme de chambre pour s’occuper de tout cela.

    Un matin alors qu’il prenait son petit déjeuner dans sa belle demeure cossue à Neuilly, il reçût un courrier du ministère des finances et des patrimoines. Il était convoqué et devait se rendre à l’office de Maître de Chezac sur l’avenue de Flandres. Quelques temps auparavant il avait demandé au bureau des patrimoines de retrouver les différents membres de sa famille, il pensait que sa défunte mère avait une cousine éloignée qui avait été la maîtresse d’un roi, celle ci n’avait pas eu d’enfant et Geoffroy comptait bien réclamer son dû au cas où… Après son petit déjeuner  il fit sa toilette et de son plus bel apparat s’engouffra dans sa voiture direction l’avenue des Flandres. Le ciel ce matin d’hiver là était bleu, la neige était tombée trois jours d’affilé et avait blanchie le paysage. L’air avait un parfum d’eau de Cologne , pour Geoffroy De Coulanges qui venait d’acheter son titre de noblesse, la vie était belle. Il se pourrait encore qu’il devienne plus riche la lettre était plutôt rassurante. Une fois à l’avenue il fit atteler les chevaux et se rendit fièrement dans  l’immense couloir qui menait au bureau où il était convoqué. Au rez de chaussée se dressait une décoration frappante aux allures baroque, un mélange de bois et d’or laissait présager que les bureaux qui s’y trouvaient, brassaient d’insoupçonnables deniers publics.  Il se renseigna à l’accueil auprès d’une vieille dame dont les rides laissaient présager une vie autrefois mouvementée et désinvolte. Lorsqu’il prononça le nom de Maître de Chezac celle ci le fixa un moment avec ironie et lui répondit sèchement qu’il se situait au premier étage porte noire sur la droite, avant d’ajouter …”Bonne continuation”. Il la fixa ne sachant trop comment le prendre et répondit “merci chère dame”. Il s’engouffra dans l’allée qui menait aux escaliers et retrouva ledit bureau. Il poussa la porte et tomba nez à nez avec une jeune secrétaire très élégante , Il remarqua le châle en laine mérinos qu’elle portait, il avait acheté le  même à sa fille dans un magasin en vogue. La secrétaire l’enregistra et annonça sa venue.

    Deux autre hommes entrèrent au bout de trente minutes a l’accueil et la secrétaire annonça leur arrivée . Le notaire sortit de son bureau et les fit entrer tous les trois dans son cabinet. Aux bout d’une heure, ils sortirent et au moment de passer la porte, Geoffroy remarqua  l’écriteau “bureau des litiges” , il n’avait pas pris le temps de lire cet écriteau à son arrivée tout devenait plus clair. Il descendit les marches avec douleur , il avait l’impression que ses pieds ne soutenaient plus son corps. Il avait l’air perdu.Il traversa le grand couloir qui lui paraissait interminable, vit son cocher qui l’attendait attelé à la voiture.il traversa la route , s’engouffra sans dire mot dans la voiture et ne dit mot tout le long du trajet.Une fois chez lui, il entra directement dans sa chambre et s’enferma à double tour pendant trois jours. Inquiets, ses proches appelèrent un serrurier et celui ci ouvrit la porte. Père Geoffroy, blême, livide, pale tel un cadavre était allongé dans son lit. Il y était plutôt avachi au milieu des oreiller en plume, le regard vide l’air hagard, l’existence en lui rencontrait un dilemme; Le quitter ou pérenniser les affres d’un mal surgi de nulle part et donc seul lui en connaissait l’origine. Malgré cet état catatonique il remarqua l’absence de sa nouvelle femme et demanda qu’on aille la chercher. Cela prit deux jours mais elle arriva accompagné de Benjamin son frère cadet; A la vue de ces deux personnes ensemble, son malaise s’accentua.

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    • Lucinda mon amour m’aimeras tu toujours dans la richesse comme dans la pauvreté ? celle ci opina du chef au ralenti

    Elle le fit taire et alla prendre de ses nouvelles auprès du médecin. Elle voulait savoir combien de temps il lui restait à vivre mais le médecin ne pouvait savoir. Il souffrait d’un mal que le médecin ne pouvait déceler.Les jours qui suivirent , ses proches se relayèrent à son chevet. Un matin, une lettre du notaire arriva parmi le courrier et son fils l’ouvrit. Il fit frappé de stupeur, de désarroi. Ils allaient être saisis, leur père n’avait plus rien ou du moins n’avait jamais rien eu.

    Paul courut auprès de son père, il ne comprenait plus rien et il voulait une explication à cela. Lucinda étant à Criquetot pour une soirée  mondaine qu’ elle avait organisée, il ne restait que ses trois enfant et ses deux frères.  Ils leur expliqua alors qu’en réalité il avait engagé une enquête pour retrouver les membres éloignés de la famille, il pensait qu’il pouvait gagner un nouvel héritage , il y’avait quelques semaines il avait été contacté par maître de Chazac parce qu’il avait retrouvé effectivement un membre de sa famille dont le fils avait refusé l’héritage, un capitaine des armées. Au lieu de faire l’inventaire il avait accepté l’héritage à la hâte  et c’était retrouvé avec des dettes à payer. Mais ce n’était pas le plus dur. Ce qui l’avait achevé était en réalité qu’au cours de cette enquête, l’Etat c’était rendu compte qu’il n’était pas le bon Geoffroy Coulanges , il n’avait aucun lien avec cette dame en réalité il s’agissait d’un autre Geoffroy de Coulanges, un jeune homme âgé de 28 ans, un officier. Il était donc dans l’obligation de restituer à Geoffroy ses biens et à payer les dettes de son oncle lointain. Ils étaient sur la paille et ne savait comment l’annoncer à ses proches. Personne n’avait pensé à travailler, ni ses fils ni ses frères ils n’avaient plus rien. Lucinda fut étonnée quelques jours plus tard quand elle apprit que ses biens allaient être saisis par un huissier. Elle disparut sans aucune trace. Sur la paille, tout le clan de Coulanges se replia à Touffreville  au bout de 15 ans de belle vie, ils retournaient à la boue sans un sou, seulement avec ce qu’ils portaient. Lucie n’y était plus mais avait gardé la petite maison que ses parents lui avaient offert pour la dot, elle l’avait embellie. Elle vivait désormais à Sassetot le Mauconduit dans le chateau de SISSI. Elle avait réussi à marier la fille qu’elle portait quand père geoffroy l’avait oublié, à un riche officier.

    Père Geoffroy à ces  nouvelles se sentait encore plus mal. Son état empira les jours qui suivirent. Un matin une femme assez bien mise se présenta devant la porte. Grande fut leur surprise de savoir que c’était Lucie, elle était de toute beauté, que le père geoffroy fondit en larmes, et ses enfants ne furent pas en reste. Elle avait apporté les provisions après avoir eu la nouvelle de leur retour. Elle tenait également à leur informer que la petite mirabelle savait qu’elle n’avait pas de famille et leur interdisait formellement de se rendre au château. Pendant que Pere Geoffroy s’évertuait à demander pardon à la vilaine Lucie devenue charmante, une visite impromptue interrompit ses jérémiades. Lucinda était de retour, en cloque jusqu’au yeux, par honte elle était revenue , père Geoffroy s’évanouit.

    A son chevet se trouvait sa jeune fille Ludia âgée de 18 ans à peine , sa dernière femme Lucinda à peine plus jeune que sa dernière fille et son frère cadet Benjamin dont il lisait la fougue et l’appétit de s’accaparer de sa Lucinda à peine il aurait fermé les yeux, Il soupçonnait d’ailleurs que la grossesse soit de lui, mais le chagrin l’échec la honte s’étant emparés de lui, il s’accrochait de moins en moins à la vie. Ce matin là lorsqu’il ouvrit les yeux, une lettre de la justice l’attendait, il était sommé de payer une somme donc il avait du mal à lire les 7 chiffres. Il fit appeler en urgence Lucie, qui se pointa le lendemain de son plus bel apparat, il la supplia de payer les dettes, de vendre la maison de ses parents, il était prêt à travailler pour elle jusqu’à la fin de sa vie mais Lucie refusa. Il s’était délié d’elle et elle lui expliqua également qu’elle n’était obligé en rien, le mariage avait été annulé à sa demande , Mirabelle n’avait pas de père et était née hors mariage. La nouvelle faillit achever père Geoffroy qui avait oublié tout le mal qu’il avait fait à la pauvre Lucie. Père Geoffroy ne donna pas suite à la lettre du tribunal, il fut arrêté et jugé pour fraude et abus de biens, bref une liste exhaustive de crimes et délits était à l’origine de son forfait . En prison après avoir lu que Lucie venait de se marier à un veuf et qu’elle était devenue Comtesse d’une contrée, son état de santé s’aggrava…