• Cher ami

    Cher ami

    Entends – tu les vagues de la mer flétrir ?

    Ouïes – tu la cime héler des nénies ,

    Lorsque la lugubre clarté du soleil se repose,

    Lorsque les bras du ciel se croisent,

    Lorsque le cœur du ciel,

    A ses entrailles se dérobe ?

    J’ai vu briller les ongles de l’univers ,

    J’ai vu les saints s’embraser

    Dans un désespoir saccadé .

    J’ai aperçu les cénotaphes dans le ciel

    Sur lesquels coulaient les larmes de Raphael

    De mes yeux , j’ai vu des bouts de nuages au cimetière

    Mon “moi” a gémi par affliction

    Sans comprendre le pourquoi du devenir !

    Oui dans les ires du “là haut”

    Mon subconscient a aperçu le chaos .

     

     

     

  • cri de cœur

    Chère maman

    c’est la nécessité de me confesser auprès de toi qui anime mon élan
    Pourtant il y a bien longtemps que j’ai claqué la porte pour éviter les bancs
    Maman ‘c’est avec incandescence que mes 18 ans m’arrachent mon adolescence
    Mon air d’insouciance , qui trouvait refuge dans tes jupons
    Man pour toi je reste mineure et pour la loi je suis prêt pour l’enfer
    le plus terrible est que le commun des mortel ne partage pas mon affliction

    je regrette fort mon passé et personne ne semble souffrir de mon affectation
    Je regrette fort mes élans mais je ne sais comment m’arrêter.
    Je suis entre deux réalités qui sans cesse se façonnent.
    Je veux…mais il n’ya point de vouloir…que de devoirs…
    Le moindre faux pas est un croc en jambe
    Le moindre croc en jambe est une éternelle béquille!
    Et dans la moindre béquille gît ton regard de désespoir
    Maman je ne veux pas grandir…je ne veux pas partir…
    Je ne veux pas etre celui là…
    celui qui fera couler la tristesse sur tes joues…
    Tu as toujours dormi affamé pour que j’éclos
    Je ne veux pas que tu dormes pour toujours parce que je t’aurais déçu,
    Je ne veux pas que tu les fermes à jamais parce que j’aurai échoué.
    Je suis un homme et par conséquent perfectible
    Je suis perfectible et par conséquent croyant
    Je suis croyant et par conséquent faillible
    Je suis faillible et par conséquent…pécheur.
    Mes réalités sont antagonistes et bien présentes
    Je ne sais pas qui sera l’homme de demain
    Mais je sais que l’homme d’aujourd’hui t’aime maman.
    Il t’aime fort et le crie sur les toits
    Tu as essayé et s’il a échoué, tu auras essayé
    Il t’aime fort et l’écrit dans chaque Mistral
    tu n’as jamais failli c’est lui qui a glissé de ton cœur
    Il t’aime fort et le crie à travers les ans et les réalités
    Son vagissement était un succès il a juste refusé de porter l’étoffe des grands hommes.
    Oui il a renié le combat des grands hommes qui inscrit au Panthéon
    Maman tu es parfaite c’est ta graine… qui a choisi d’être l’ivraie.
    Elle a choisi de se griller à l’orée du succès.

     

  • Une Vie

    Pere geoffroy un gentilhomme venait de pousser son n-ième dernier soupir! il n’arrivait pas à s’arracher au monde dont il avait tant aimé les plaisirs, aussi fugaces eussent ils été. Lui qui avait vécu comme si demain lui appartenait, comme si le monde tournait autour de lui voyait les affres du ciel jaillir en lui tel un moribond endimanché. Il savait dès lors que son destin était scellé et qu’il devait à jamais lâcher prise mais il n’était pas prêt. A son chevet se trouvait sa jeune fille Ludia âgée de 18 ans à peine , sa dernière femme Lucinda à peine plus jeune que sa dernière fille et son frère cadet Benjamin dont il lisait la fougue et l’appétit de s’accaparer de sa Lucinda à peine il aurait fermé les yeux.

    Pere Geoffroy était un homme d’une cinquantaine d’année qui avait commencé comme mineur et avait fini dans les plus hautes sphères de la société aristocratique par un heureux hasard. Héritier d’une tante lointaine, il c’était un jour retrouvé à la tête d’une fortune donc il n’imaginait lui même l’étendu. Lui que la vie avait maltraité ses quarante premières années, estimait qu’il était plus que temps de prendre une revanche sur la vie. Après avoir hérité, il c’était dès lors évertué à apprendre les bonnes manières et à s’attirer les bonnes grâces de toutes la gente féminine en vogue, oubliant au passage son effroyable et hideuse femme Lucie.

    Geoffroy Coulanges était marié à Lucie, une femme donc même  un épouvantail aurait refusé les bonnes grâces. Elle était niaise, avare, brute et sans éducation. Etant le plus pauvre de la contrée, il dut se résoudre à la choisir puisqu’il n’y avait qu’elle qui correspondait à ses moyens. Elle lui rappelait donc tout ce qu’il avait toujours été, un rat d’égout au milieu des immondices. Il avait traîné avec lui son immondice Lucie, celle ci lui avait donné trois magnifiques enfants.Paul,Geoffroy et Ludya de Fraye Coulanges. La seule chose qu’il appréciait de sa femme était le nom d’aristocrate donc elle portait puisqu’elle descendait d’une famille autrefois noble mais sans aucune richesse matérielle et, lui descendait d’une famille insignifiante de forgerons.

    Une fois devenu riche, il se débarrassa de la pauvre Lucy qu’il répudia comme une gouvernante qui avait perdu les bonnes grâces de son maître. Il quitta ce village lugubre et consanguin de Touffreville , pour s’installer à Paris au cœur même de la haute sphère des affaires du monde. Ses enfants le suivirent abandonnant ainsi leur mère qui avait toujours été une femme de ménage, une bonne à tout faire. Pendant des années il vécu comme un pacha dépensant sans compter, jouissant des plaisirs les plus démesurés qui pouvaient être à sa portée. Il avait accès à un monde dont il ignorait l’existence. Un soir alors qu’il assiste à une soirée mondaine avec du beau monde, il rencontre Lucinda, d’une beauté foudroyante à la fleur de l’age, il tombe sous le charme et en perd complètement la tête. Deux jours après leur rencontre il lui offrait déjà un salon particulier au cœur même de Paris, une maison de compagne à Criquetot sur mer deux semaines plus tard,  sans compter  les innombrables cadeaux pour lesquels elle dût recruter une femme de chambre pour s’occuper de tout cela.

    Un matin alors qu’il prenait son petit déjeuner dans sa belle demeure cossue à Neuilly, il reçût un courrier du ministère des finances et des patrimoines. Il était convoqué et devait se rendre à l’office de Maître de Chezac sur l’avenue de Flandres. Quelques temps auparavant il avait demandé au bureau des patrimoines de retrouver les différents membres de sa famille, il pensait que sa défunte mère avait une cousine éloignée qui avait été la maîtresse d’un roi, celle ci n’avait pas eu d’enfant et Geoffroy comptait bien réclamer son dû au cas où… Après son petit déjeuner  il fit sa toilette et de son plus bel apparat s’engouffra dans sa voiture direction l’avenue des Flandres. Le ciel ce matin d’hiver là était bleu, la neige était tombée trois jours d’affilé et avait blanchie le paysage. L’air avait un parfum d’eau de Cologne , pour Geoffroy De Coulanges qui venait d’acheter son titre de noblesse, la vie était belle. Il se pourrait encore qu’il devienne plus riche la lettre était plutôt rassurante. Une fois à l’avenue il fit atteler les chevaux et se rendit fièrement dans  l’immense couloir qui menait au bureau où il était convoqué. Au rez de chaussée se dressait une décoration frappante aux allures baroque, un mélange de bois et d’or laissait présager que les bureaux qui s’y trouvaient, brassaient d’insoupçonnables deniers publics.  Il se renseigna à l’accueil auprès d’une vieille dame dont les rides laissaient présager une vie autrefois mouvementée et désinvolte. Lorsqu’il prononça le nom de Maître de Chezac celle ci le fixa un moment avec ironie et lui répondit sèchement qu’il se situait au premier étage porte noire sur la droite, avant d’ajouter …”Bonne continuation”. Il la fixa ne sachant trop comment le prendre et répondit “merci chère dame”. Il s’engouffra dans l’allée qui menait aux escaliers et retrouva ledit bureau. Il poussa la porte et tomba nez à nez avec une jeune secrétaire très élégante , Il remarqua le châle en laine mérinos qu’elle portait, il avait acheté le  même à sa fille dans un magasin en vogue. La secrétaire l’enregistra et annonça sa venue.

    Deux autre hommes entrèrent au bout de trente minutes a l’accueil et la secrétaire annonça leur arrivée . Le notaire sortit de son bureau et les fit entrer tous les trois dans son cabinet. Aux bout d’une heure, ils sortirent et au moment de passer la porte, Geoffroy remarqua  l’écriteau “bureau des litiges” , il n’avait pas pris le temps de lire cet écriteau à son arrivée tout devenait plus clair. Il descendit les marches avec douleur , il avait l’impression que ses pieds ne soutenaient plus son corps. Il avait l’air perdu.Il traversa le grand couloir qui lui paraissait interminable, vit son cocher qui l’attendait attelé à la voiture.il traversa la route , s’engouffra sans dire mot dans la voiture et ne dit mot tout le long du trajet.Une fois chez lui, il entra directement dans sa chambre et s’enferma à double tour pendant trois jours. Inquiets, ses proches appelèrent un serrurier et celui ci ouvrit la porte. Père Geoffroy, blême, livide, pale tel un cadavre était allongé dans son lit. Il y était plutôt avachi au milieu des oreiller en plume, le regard vide l’air hagard, l’existence en lui rencontrait un dilemme; Le quitter ou pérenniser les affres d’un mal surgi de nulle part et donc seul lui en connaissait l’origine. Malgré cet état catatonique il remarqua l’absence de sa nouvelle femme et demanda qu’on aille la chercher. Cela prit deux jours mais elle arriva accompagné de Benjamin son frère cadet; A la vue de ces deux personnes ensemble, son malaise s’accentua.

    • Lucinda mon amour m’aimeras tu toujours ? celle ci opina du chef
    • Lucinda mon amour m’aimeras tu toujours dans la richesse comme dans la pauvreté ? celle ci opina du chef au ralenti

    Elle le fit taire et alla prendre de ses nouvelles auprès du médecin. Elle voulait savoir combien de temps il lui restait à vivre mais le médecin ne pouvait savoir. Il souffrait d’un mal que le médecin ne pouvait déceler.Les jours qui suivirent , ses proches se relayèrent à son chevet. Un matin, une lettre du notaire arriva parmi le courrier et son fils l’ouvrit. Il fit frappé de stupeur, de désarroi. Ils allaient être saisis, leur père n’avait plus rien ou du moins n’avait jamais rien eu.

    Paul courut auprès de son père, il ne comprenait plus rien et il voulait une explication à cela. Lucinda étant à Criquetot pour une soirée  mondaine qu’ elle avait organisée, il ne restait que ses trois enfant et ses deux frères.  Ils leur expliqua alors qu’en réalité il avait engagé une enquête pour retrouver les membres éloignés de la famille, il pensait qu’il pouvait gagner un nouvel héritage , il y’avait quelques semaines il avait été contacté par maître de Chazac parce qu’il avait retrouvé effectivement un membre de sa famille dont le fils avait refusé l’héritage, un capitaine des armées. Au lieu de faire l’inventaire il avait accepté l’héritage à la hâte  et c’était retrouvé avec des dettes à payer. Mais ce n’était pas le plus dur. Ce qui l’avait achevé était en réalité qu’au cours de cette enquête, l’Etat c’était rendu compte qu’il n’était pas le bon Geoffroy Coulanges , il n’avait aucun lien avec cette dame en réalité il s’agissait d’un autre Geoffroy de Coulanges, un jeune homme âgé de 28 ans, un officier. Il était donc dans l’obligation de restituer à Geoffroy ses biens et à payer les dettes de son oncle lointain. Ils étaient sur la paille et ne savait comment l’annoncer à ses proches. Personne n’avait pensé à travailler, ni ses fils ni ses frères ils n’avaient plus rien. Lucinda fut étonnée quelques jours plus tard quand elle apprit que ses biens allaient être saisis par un huissier. Elle disparut sans aucune trace. Sur la paille, tout le clan de Coulanges se replia à Touffreville  au bout de 15 ans de belle vie, ils retournaient à la boue sans un sou, seulement avec ce qu’ils portaient. Lucie n’y était plus mais avait gardé la petite maison que ses parents lui avaient offert pour la dot, elle l’avait embellie. Elle vivait désormais à Sassetot le Mauconduit dans le chateau de SISSI. Elle avait réussi à marier la fille qu’elle portait quand père geoffroy l’avait oublié, à un riche officier.

    Père Geoffroy à ces  nouvelles se sentait encore plus mal. Son état empira les jours qui suivirent. Un matin une femme assez bien mise se présenta devant la porte. Grande fut leur surprise de savoir que c’était Lucie, elle était de toute beauté, que le père geoffroy fondit en larmes, et ses enfants ne furent pas en reste. Elle avait apporté les provisions après avoir eu la nouvelle de leur retour. Elle tenait également à leur informer que la petite mirabelle savait qu’elle n’avait pas de famille et leur interdisait formellement de se rendre au château. Pendant que Pere Geoffroy s’évertuait à demander pardon à la vilaine Lucie devenue charmante, une visite impromptue interrompit ses jérémiades. Lucinda était de retour, en cloque jusqu’au yeux, par honte elle était revenue , père Geoffroy s’évanouit.

    A son chevet se trouvait sa jeune fille Ludia âgée de 18 ans à peine , sa dernière femme Lucinda à peine plus jeune que sa dernière fille et son frère cadet Benjamin dont il lisait la fougue et l’appétit de s’accaparer de sa Lucinda à peine il aurait fermé les yeux, Il soupçonnait d’ailleurs que la grossesse soit de lui, mais le chagrin l’échec la honte s’étant emparés de lui, il s’accrochait de moins en moins à la vie. Ce matin là lorsqu’il ouvrit les yeux, une lettre de la justice l’attendait, il était sommé de payer une somme donc il avait du mal à lire les 7 chiffres. Il fit appeler en urgence Lucie, qui se pointa le lendemain de son plus bel apparat, il la supplia de payer les dettes, de vendre la maison de ses parents, il était prêt à travailler pour elle jusqu’à la fin de sa vie mais Lucie refusa. Il s’était délié d’elle et elle lui expliqua également qu’elle n’était obligé en rien, le mariage avait été annulé à sa demande , Mirabelle n’avait pas de père et était née hors mariage. La nouvelle faillit achever père Geoffroy qui avait oublié tout le mal qu’il avait fait à la pauvre Lucie. Père Geoffroy ne donna pas suite à la lettre du tribunal, il fut arrêté et jugé pour fraude et abus de biens, bref une liste exhaustive de crimes et délits était à l’origine de son forfait . En prison après avoir lu que Lucie venait de se marier à un veuf et qu’elle était devenue Comtesse d’une contrée, son état de santé s’aggrava…

     









  • Le priapisme de Marot

    Cela faisait un moment que Marot se tenait à son balcon et fustigeait du regard les passants. Comme à son habitude, il venait de passer une nuit avec un mouchoir au parfum fugace disait-il. Marot avait l’habitude de ne jamais se souvenir de ses nuits précédentes sauf que celle ci lui restait gravée , indélébile sur le haricot. Il était donc de mauvaise humeur . La Mère Suzanne une voisine âgée, rentrait du marché quand par mégarde elle jeta un regard innocent sur le moribond. Ça y est il venait de comprendre ! Mère Su comme tout le monde l’appelait était à l’origine de son forfait. Il était victime d’un sort d’autant plus qu’il connaissait bien les recoins de la fille de Mère Su et celle ci tous les soirs était victime de son succès. Marot se précipita dans sa chambre , S’habilla promptement et enjamba les marches par lot de 5. une fois sur le palier, il suivit la pauvre dame et lui tapota la fraise, celle ci se retourna et Marot plongea sa tête dans son sillon intermamaire et y resta quelques minutes pour se ragaillardir pendant que la pauvre dame  horrifiée et pétrifiée, se trouva impuissante. Quand il décida enfin de sortir de là, il se trouva face à la vieille dame en colère et celle ci jura de se venger. Marot comme surpris, arrangea la robe de  mère Su et s’en alla avec pétulance. Il entra chez lui de manière spectaculaire, enjamba les marches par lot de 5 et se réfugia dans sa chambre. Il ferma les fenêtres qui donnaient au balcon et se réfugia sous ses draps. Il n’arrêtait pas de  penser à ce qui venait de se passer et à ce qu’il avait vécu la nuit précédente. Il n’y’avait pas de doute il était victime d’un sort. il ne contrôlait plus son corps, ses pulsions.Il avala goulûment une bouteille acre d’eau de vie qui l’assomma au bout de 5 minutes et s’endormit. Au boit de quelques heures , une servante entra dans sa chambre le surprit Marot couché sur le dos et frappé d’un mal diabolique. elle appela le père  Martin qui avait été excommunié dans une autre contrée et sauvé par Marot. Depuis peu il était devenu fermier, vivait chez Marot, s’occupant de tous ses problèmes administratifs. Le père Martin fut saisi par la gravité de la chose quand il entra dans la pièce.”on dirait une représentation ithyphalliques des contrées hérétiques que j’ai côtoyé…on est tué que par ce qu’on aime” s’exclama le prêtre en voyant Marot. La servante  s’efforçant de ne point rire lui répondit que la statuette se mouvait encore. “Il n’y a pas pire châtiment que celui là ” murmura le prêtre. Il fallait trouver une solution, au vu de la bouteille il comprit que ce mal n’était pas à l’origine du coma dans lequel il était. Il prit un seau des draps des serviettes et demanda à la servante de lui faire chauffer de l’eau . Il concocta un vomitif qu’il fit avaler à Marot en pinçant son nez. il dirigea ensuite son visage dans le seau et celui ci vomit ses tripes. Il le déshabilla, du moins pour ce qui restait comme vêtements sur lui  et l’habilla en robe de bure et attendit qu’il retrouve ses esprits. Marot sortit de son état éthylique comme un félon aux abois.

    Ses compères le regardaient en vue d’explications mais il ne pouvait en fournir, la conclusion fut qu’il était sous le coup d’un mauvais sort. Il pensa à mère Su, celle ci fut convoquée immédiatement de peur de représailles de la part du roi. Apres une longue explication, des pater noster, un bain d’eau bénite, le prêtre conclut qu’elle était innocente et ils la relâchèrent.  Le temps passait et la situation devenait de plus en plus “tendue”; Le pauvre Marot douillet d’habitude, criait à haut gosier, murmurait des abracadabra incompréhensibles venu d’ailleurs, chantait  et se tortillait. A cours de solution, le prêtre décida de convoquer une gitane reconnue pour ses capacités mystiques. Le mal venait d’ailleurs et a première vue avait choisi le mauvais hôte. A cette allure personne ne pouvait survivre à cette douloureuse cacophonie pas même son auteur,”Nous allons tous y laisser des plumes à cette allure” murmura le père Martin désespérément pendant que Marot inventait le prélude de ce qu’on aurait pu appeler quelques siècles plus tard de manière plus élaborée et moins saccadé  “Le lac des Cygnes”.La gitane se trouvait à trois jours à cheval de la forteresse, ils furent les provisions et avant le lever du jour, ils entamèrent le voyage…

  • La mort dans l’ame

    Un sentiment qui vous sied et vous effraie en même temps!

    Le temps morose et terne accentue ses élans.

    Un sentiment d’impuissance agréable et effrayant,

    Embrasses vos entrailles en les nouant au fond du firmament.

    Ce corps vide! entouré de ce qui est absent et pourtant présent,

    Ne répond plus au sinistre dédain;

    L’âme se meurt austèrement hautain,

    Et l’esprit se lasse en adieu reposant !

     

     

  • Infidèle

     

    Oh hymenée….

    Mes désirs errent dans les abysses de l’infidélité

    Ce fruit défendu délicieux à croquer

    Le linceul de mon amour, a dévoilé mon ignoble viduité

    La viduité d’un corps enflammé et d’un mari dédaigné

    La viduité d’un étalon à l’ aiguillette* déchaînée

    Les affres de l’extase n’ont pu voiler ma légèreté

    Cher mari pourrez-vous me pardonner?

    Mon amant fidèle à sa couardise

    Se justifie par une religion qui l’interdise

    En se dérobant sans cesse à ma gourmandise

    Hélas la vamp se plait à la traîtrise

    Et insatiable, cherche sans cesse de nouvelles surprises

    En spectacle, devant une assemblée assise

    Joue à demi mot à la sadique  soumise

    Cher amant supporterez vous cette méprise?

    L’amant et le mari consumés par l’infidèle

    Se laissent poser une salace attelle

    Celle d’une éternelle perdition charnelle

    Oh hommes! serai-je à jamais votre coquine pucelle?

     

     

  • le bal des absents

    La brume du crépuscule,

    s’étiole sur les affres d’Hercule,

    Les bénédictions stellaires d’Orus,

    couvrent la lugubre virilité des prépuces!

    Oui ami! la brume des mânes,

    a saccagé les éclairs profanes !

    Oui ami! la folie de la rancoeur,

    balaie la noblesse des cœurs.

    De luisants tonnerres déchirent le ciel,

    pendant que les catacombes exécutent leurs rituels.

    Pendant que les hommes méditent sur leurs recueils,

    les morts s’affligent dans leurs cercueils.

    Et quand vient la nuit,

    le bal des présents s’évanouit

    Pour laisser place au bal des absents épanouis!

     

     

     

     

     

     

  • La sainte Tétée

    Marot et la sainte tétée*
    Cher ami!
    C’est avec une joyeuse tristesse que je m’attelle à ce devoir épistolaire qui a toujours été le mien.Jamais vous ne me verrez plus avec cette agréable colère qui me rend magnanime…Me voici dans le sérail des vierges effarouchées depuis 5 jours quelle besogne ! Toute une éducation à refaire situation très cocasse pour votre cher libertin…
    Qui eut cru que Marot tout pédant et majestueux qu’il soit, passa ses heures de gloire à la dérobé !
    Cher ami!
    Me voici dans les entrailles de Sainte Catherine m’allaitant de prières cahin-caha. Une odieuse accusation est à l’origine de mon forfait. L’Inquisition se sentant offensée m’accusa de chape-chute parce que je fus le Favori du Roi, descendance divine je vous l’accorde.Le Roi après une décision mûrement réfléchie dans un enivrant vin liturgique me choisit pour ses ablutions et ses prières au détriment du moine glabre à l’allure d’un jouvenceau effarouché. Je dus d’ailleurs le féliciter de cette double calvitie qui attaque de toutes parts les remparts de son crâne, comme si sa pilosité était à l’origine de la folie de Lyssa…Je vous l’avoue ce compliment est une des raisons de sa colère et la moindre…
    Le soir venu j’invitai notre compagnon qui souffrait d’une catarrhe colérique bénigne, et esquissait un sourire flétri au moindre échange de courtoisie. Il avait l’air d’abonder en notre sens, je me permis donc de m’atteler à la tâche qui était la mienne…Satisfaire le Roi! Mais après quelques cuves de vin diablement spirituelles la raison s’en alla avec son cortège de bon sens…
    Figurez vous cher ami que nos prières allaient à hue et à dia pour qui ne pouvait comprendre les méandres de notre spiritualité…Je vous l’avoue nous n’y sommes pas allés de main morte..La catéchèse battant son plein, j’invitai quelques Circé à nous chanter des cantiques et réciter des pater noster empanachés de sensualités et de calembours.
    Notre hôte se sentant à son aise entonna avec une homélie qui le plongea dans un sommeil imprévu et les festivités continuèrent pour nous…Le Roi se retira et mes compères et moi lançâmes un jeu de toton avec le beau sexe, nous chargeâmes nos pipes de liquor afin qu’elles fussent diablement fumées et nous nous noyâmes dans l’ivresse du désir obscènement spirituel…En entraînant avec nous notre moine.
    Quelques jours plus tard je fus accusé d’hérésie et de perversion par ce candide moine enfin dessillé. Il se pourrait qu’après cette soirée le moine n’eut plus de répit…Il était devenu la risée de la cour et par dessus tout l’objet d’un chantage sans fin.Pour s’en défaire il lui fallut un coupable dont je fus le parfait.
    Je fus entendu et j’échappai de peu au bûcher avec l’intervention de mon Roi et faute de preuve j’échappai à la prison et fus condamné à l’exil à Sainte-Catherine dans un couvent pour 40 jours de pénitence .
    AH ! Cher ami!
    Pour une pénitence je vous l’accorde ils ont chargé la meule !
    Tous les matins je me pose des questions existentielles en attente de réponse: comment prier dans un lieu si austèrement tentant?Je vous assure cher ami les mamelles de Sainte-Catherine sont étouffantes et ses fêlures impénétrables, Diantre!
    Après avoir goûté aux prières matinales de ce beau royaume il m’est difficile de résister à imaginer toutes les merveilles que je pourrai trouver sous les soutanes et les robes de nos religieux…!
    Après mes douloureuses pénitences érectiles j’ai décidé de m’atteler au jeu du berger…Le berger que je suis a compté 22 brebis égarées en attente de perdition éternelle. L’eau bénite ayant macérée pendant des jours et retenues dans des aumônières étanches n’attend plus que les fissures de ses brebis pour acheminer la semence divine…Aussi impénétrable soit le chemin il est de mon devoir de désaltérer toutes les brebis et de leur montrer le chemin de la raison…Il en naîtra des seins à saint-Catherine…
    A suivre…

    Note: *Marot écrit une lettre à son ami pour s’expliquer sur ses déboires…Il a été accusé par l’inquisition et en tant qu’ami du roi il échappe de justesse au bûcher et est envoyé dans un couvent pour une peine de 40 jours de pénitence.

  • Lettre du roi à Marot

    Cher ami Marot

    Grande a été ma surprise de savoir que vous, ami et protégé du roi êtes enfermé parmi les truands par méprise.Dès lors seize jours et vous ne m’avez point laissé voler à votre secours .Était ce pour protéger les valeurs auxquelles je tiens tant?  Je restai coi pendant que vous étiez la risée de ma justice qui, en vous condamnant me fit aussi condamner.

    Vous rappelez-vous mon ami que pour vous j’ai affronté la colère des dieux et les caprices des cieux vous envoyant autrefois libre? ce jour là, la commisération de mon plaidoyer l’emporta sur l’impartialité de la justice ; puisque la guigne de votre radieuse vie vous voulut d’abord prisonnier , je fus plein d’admiration pour ces pendards et pour leur air compassé, je leur offris une vaine récompense appréciant toutefois la modicité de leur héroïsme .

    Pour autant je ne vous laissai point sombrer dans les abîmes du savoir , je fus pourtant astreint par le devoir du royaume et contraint par l’amour de l’amitié. Je ne voulus point vous sacrifier afin que honneur et mépris ne heurtent point votre survie. Je laissai choir les accusations poignantes et  inutiles qui vous accablèrent.

    Cher ami ! pourriez-vous me dire in petto que ces pendards furent simplement animés par un funeste désir de vous savoir derechef prisonnier? n’ayez crainte de me répondre puisque ma sagacité s’oppose toujours à la joyeuse acrimonie de vos détracteurs quoi qu’on ait fort jasé sur vous ! la témérité de ces félons ne restera pas impunie. A cause de leur opiniâtreté je me trouve dans l’impasse du désespoir , leur spécieuses lubies me hantent.

    Cher ami j’ai peur pour vous, j’ai toujours eu à mépriser les irrévérences de mes pendards mais a force de vous exposer à leur effroyables lubies , vous finirez bien par récolter des nénies.

    A cause de ma maladresse et de mon inattention  ils finiront par commettre L’irréparable . A leurs yeux  ,vous êtes un félon et ils finiront par vous soumettre a l’ignition . Face à ces hères, votre loquacité ne vous servira a rien , faites vous effacé le temps de mon intervention , il serait erroné de croire que vous pouvez les défier ou passer outre les lois leur seul soutien,donc ils sont le bras armé.

    Tenez bon cher ami

    Votre Roi , Ami et Protecteur

    Adam le Juste I.

     

     

     

     

     

  • La rencontre

    Le roi Adam était depuis peu exacerbé par les accusations qui couraient à travers le royaume sur son protégé Marot, son ami poète. Marot  était pour le roi le Frère qu’ il n’avait jamais eu. Unique enfant ,  le roi avait perdu ses parents très jeune ; cette situation l’avait poussé à se détacher du monde et à chercher un art qui pouvait être  aussi mélancolique que lui, lorsqu’il découvrit la poésie a travers Marot. Celui ci possédait le don de magnifier les mots… lorsqu’il n’était pas grisé….  

    Marot se fit connaitre comme troubadour lors d’une soirée en l’honneur de la reine pour ses dix neuf ans. Marot était un beau jeune homme à qui la vie n’avait pas fait de cadeau . Il était nonchalant et d’une éloquence candide  lorsqu’il était sobre , mais la plupart du temps il était convié aux soirées mondaines non pas pour ses talents de poète mais pour ses histoires plus rocambolesques les unes que les autres après sa dipsomanie . Une fois plongé dans la vinasse  qui menaçait chaque jour sa belle dentition , il devenait un rimailleur perfidement maléfique et n’hésitait pas à menacer quiconque oserait grignoter son oxygène . La plupart du temps il finissait au cachot pour sa sécurité et celle des autres. De fil en aiguille il devint très proche du roi quoique très fantasque avec une haleine avinée , le roi le trouvait agréable et fort divertissant au détriment de la cour…

    Marot se couchait avec une idée et se réveillait avec une autre ; pour le roi c’était une sorte d’ascension et pour ses détracteurs une sorte de possession car ils  pensaient qu’il s’enfonçait tous les jours dans la sottise…. Sauf qu’un soir Marot se coucha en pensant à la belle marguerite la fille du forgeron que le lendemain il décida de soutenir le clan “des culs nus ” un groupe extrémiste qui protestait contre l ‘autorité en brûlant les champs des marguerites pour prôner la non violence .

    Marot fut capturé avec les dissidents et cela faisait déjà seize jours que le roi cherchait sans relâche son frère et ami , lorsqu’il fut informé de l’accusation, il écrivit une lettre qu’il fit envoyer immédiatement  par un messager à Marot…..